Jeader à Diourbel…

Nous avions bravé la chaleur de Tambacounda, et avions fini de réaliser qu’une telle région serait un oasis, si l’on y développait l’agriculture, tellement il y a d’espaces… Si l’on n’y lançait le Solaire, tellement il fait chaud et tellement les populations y manquent d’électricité, et qu’il fallait rappeler aux populations de cette région à quel point la nature les avait gâté. Un joyau touristique…

Mais ce qui s’est passé Vendredi à Diourbel dépasse l’entendement. De notre rencontre avec le Directeur du CAOSP de Diourbel que nous n’avions pas pu avoir depuis Dakar, à notre périple sur la route de la prière du Vendredi…. Que de miracles, en 3 jours.

Mais il serait légitime de vous demander pourquoi Diourbel, plutôt qu’une autre région. En réalité, c’est sur invitation du Meilleur Elève du Sénégal, quelques mois auparavant, que nous lui accordions un budget, suite à un long et touchant email dans lequel il nous expliquait ses ambitions, mais surtout son devoir de legs, vis-à-vis de ses frères et sœurs au Sénégal. Depuis la France, où il a pu bénéficier d’une bourse offerte par l’Etat du Sénégal, Alioune Badara, puisque c’est de lui qu’il s’agit, a été primé en tant que Lauréat du Concours Général en 2015, puis en 2016, avec un discours qui reste mémorable, du Chef de l’Etat, quant à son handicap. Alband, comme l’on se plaît à l’appeler, a perdu une jambe, et marche avec des béquilles, mais c’est un jeune homme à l’esprit vif, qui nous a montré toute sa reconnaissance. Lui qui a fait partie des 110 lauréats encadrés par JEADER en 2016 dans le programme GRAINES D’ENTREPRENEURS.
Et la vérité vraie, c’est que ce n’est qu’un heure avant de quitter Dakar, que l’on peaufinait un semblant d’agenda, un itinéraire, ou rien, mais absolument rien n’était certain. Nous partions à l’aveuglette, dans un terroir au climat aride, en plein ramadan, et avec la conviction que quel que soit ce que nous y trouverions, nous aurions déjà participé à récompenser les meilleurs élèves de l’école Mame Cheikh Anta Mbacké de connivence avec l’Association des Anciens élèves, représenté par Djily Mbaye.

C’est donc après des heures de route, que nous sommes arrivés à Diourbel. Deux appels et demi plus tard, nous nous retrouvions dans le bureau du Directeur du Centre Académique de l’Orientation Scolaire et Professionnelle (CAOSP) de Diourbel, l’écoutant nous dire qu’il avait été convalescent et « passait juste au bureau ». Un réseau téléphonique chaotique, n’avait rien pu y faire, nous devions avoir cette entrevue avec M. Mamadou Moustapha Diaw, un visionnaire, comme on en rencontre rarement de nos jours…

Croyez-le ou pas, nous avons parlé pendant presque 2 tours d’horloge sans nous en rendre compte, à définir les problèmes rencontrés et à proposer des pistes de solutions, avant d’aboutir à un constat commun : JEADER & CAOSP Diourbel devait parapher un partenariat. Ce fût donc dans une ambiance bonne enfant, que le Directeur et son équipe, nous raccompagnèrent, avec la promesse que ce n’était que le début d’une entente fructueuse entre nos deux structures. Nos remerciements donc à M. Cheikh Lô, à M. El Hadj Bara Diop, à Ibrahima Diallo et surtout à Mme Gueye Nene Diouf.
En sortant de ce moment d’échanges, on ne peut plus fructueux, nous nous rendions compte que Dieng, notre chauffeur était parti pour la Mosquée, nous laissant sur les lieux de l’Immeuble Ibrahima Thioye. C’était donc Vendredi ! Un cortège de motos, certainement en provenance de la mosquée fit son apparition. Et nous décidions dès le retour de Dieng, qu’il nous mènerait nous aussi à la mosquée, puisque nous étions si près de « Keur Gou Mak » et de la fameuse mosquée de Ndiareem. Ce « ziaar », supposé être anodin, s’est vite transformé en un moment historique. Non seulement la mosquée était d’une beauté à couper le souffle, mais nous découvrions l’histoire de Ndiareem et de son rôle fatidique dans le Mouridisme. Au point de faire dès lors, une rencontre, la première qui influencerait tout notre parcours. Pieds nus, sur un sable si chaud, que nous avancions à peine sur la pointe des pieds, nous nous dirigions vers l’antichambre où Seigne Mountakha Mbacké recevait les fidèles. Nous étions si peu nombreux, que nous étions à peine un mètre de lui. Il fit de longues prières en ce Vendredi.

Nous étions si heureux que nous ne sentîmes pas le sable chaud qui brûlait nos pieds. Non loin, nous entendions une voix qui s’exclama « euskeuy ! » « guiss ko yombul déh. Euskeuy ! »
Ainsi donc commençait, notre périple sur Diourbel, la belle…

Part 2. Il était une fois, Ndeem…

Comments (1)

Mamadou Lamine THIAM

Je salut l’engagement de l’équipe JEADER dans son projet de participation à l’amélioration des conditions de vie et de travail de notre chère école, l’école Mame Cheikh Anta Mbacké à travers son partenariat avec AMCA. Bonne continuation !

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